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A propos des conditions de travail au Relais Parental

Posted by dsinterim sur juin 15, 2022

Courrier du délégué syndical CGT à la Direction Générale de l’ADDSEA, 10 juin 2022 :

Monsieur le Directeur Général,

Dans les plans d’actions des DUERP 2021, concernant le Relais Parental de Besançon, on pouvait déjà constater une cotation 18 pour les « contraintes de rythmes de travail » avec comme indications notamment une « charge de travail importante des coordinatrices et plus particulièrement à Besançon » et des « modification de plannings au dernier moment ». Apparaissaient alors dans le plan d’action le fait de « proposer au niveau associatif la création d’une équipe volante », d’envisager un « contrat d’apprentissage » ainsi que le « recrutement de postes de service civique (renforcement de l’équipe) ». Etait également côté 16 « l’attention et la vigilance dans le travail », avec comme précision qu’il s’agissait d’un « public jeune qui engendre une vigilance quasi-constante » . Etait également précisé le problème du « travail en solo les dimanches et jours fériés, journées de 12 heures sur les collectifs (pas de doublures le week-ends) ».

faujour-souffrance-stress--travail

Cela montre bien que déjà en 2021 le manque de personnel était criant pour assurer des conditions de travail correctes. D’ailleurs on notera qu’en fin d’année 2021, la coordinatrice du Relais de Besançon a démissionné. Avant elle, ce fut la secrétaire qui avait démissionné en été 2021 et parmi l’équipe éducative, c’est un moniteur-éducateur qui démissionne en mai 2022. Cela montre bien surtout si on y ajoute le taux d’absentéisme, les difficultés liées aux conditions et à la charge de travail dans ce service.

D’autant que depuis la restructuration en janvier 2022, les conditions de travail se sont encore dégradées au Relais Parental de Besançon.

En effet, depuis le début de l’année 2022, le Relais Parental ne ferme plus pendant les vacances scolaires et ouvre donc 365 jours par an, Cela fait donc huit semaines d’ouverture de plus par an, soit 1344 heures d’ouverture en plus.

Les embauches supplémentaires sont insuffisante pour faire face à cette augmentation du nombre de jours d’ouverture, et ce d’autant que le manque de personnel était déjà criant en 2021.

Si lors du CSE du 20 mai 2022, il a été annoncé la création de 1,5 ETP supplémentaires au Relais Parental de Besançon, dans les fait il n’y a eu que 0,8 ETP de surveillant de nuit supplémentaire. Un poste de maîtresse de maison a certes été créé, mais au détriment d’un poste de monitrice-adjointe d’animation, ne permettant donc pas d’augmenter le nombre de salariés accompagnant les enfants. Ainsi, avant la restructuration, il n’y avait pas de maitresse de maison mais 6 intervenantes sociales, il y a désormais un poste de maîtresse de maison et cinq intervenantes sociales, soit toujours le même nombre de salariés pour s’occuper des enfants la journée. Toujours selon les chiffres annoncés lors de ce CSE du 20 mai 2022, il était question de 2,5 ETP supplémentaires au Relais Parental de Montbéliard. Pourquoi cette différence entre les nombre de postes créés pour deux services qui, depuis 2022, ont le même nombre de jours d’ouverture supplémentaires ?

Sans personnel supplémentaire, les salariés du Relais Parental subissent des contraintes liées au rythme de travail de plus en plus importantes, sans qu’il y ait de roulement leur permettant de pouvoir se projeter à moyen terme. Cela amène également des rythmes de travail non-conformes au code du travail et à la convention collective comme lorsque fin mai un salarié a été amené à travailler 7 jours de suite du samedi 28 mai au vendredi 3 juin inclus pour un total de 54,5 heures.

Au nombre de jours d’ouverture s’ajoute également le nombre d’enfants accueillis. Si, en 2021, la moyenne tournait à 6 enfants les week-ends, il n’est pas rare qu’il y en ait aujourd’hui entre 8 et 10, avec, de plus en plus souvent des enfants de moins de 2 ans alors qu’officiellement l’agrément est pour des enfants de 2 à 10 ans.

Certes, depuis janvier 2022, des doublures sont organisés pendant les week-ends et les vacances scolaires, mais uniquement entre 9 h 30 et 18 h. Ainsi, les salariées se retrouvent seules le matin de 7 à 9 h 30 et le soir de 18 à 20 heures. Ce sont pourtant des moments d’activités intenses que ce soit le matin (lever des enfants, toilette, changement des couches, petit déjeuner, gestion des arrivés et des départs…) ou le soir (repas du soir, bains et douches, couchers…) d’autant plus avec des petits qui n’ont que peu d’autonomie et des enfants souffrant parfois de troubles psychiques et d’angoisses nécessitant la présence de l’adulte.

Dans ces conditions, les collègues ont de plus en plus l’impression de n’être là que pour faire du gardiennage, de ne plus avoir les moyens d’apporter aux enfants placés au Relais Parental l’accompagnement et le soutien dont ils ont besoin, et ressentent donc une véritable perte du sens de leur travail.

Cette charge et ces conditions de travail mettent en danger la santé tant physique que psychologique des salariées de ce service. Or, comme vous le savez, vous avez selon l’article L-4121-1 du Code du Travail l’obligation en tant qu’employeur d’assurer la «sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs » notamment par « la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés ».

Cette organisation adaptée impliquerait à minima :

  • Que des doublures soient assurées chaque jour, y compris pendant les vacances scolaires et week-ends, de 8 h à 20 h.
  • Qu’en semaine, les intervenants sociaux soient également toujours en doublure afin que la maîtresse de maison n’ait plus à suppléer au manque de travailleurs sociaux au détriment des tâches déjà nombreuses qui lui incombent.
  • Que soit remis en place un roulement prévisionnel des plannings afin de permettre aux salariés de se projeter et de prendre leurs rendez-vous personnels.

Cela, bien entendu, implique, parmi les moyens adaptés, les embauches nécessaires au bon fonctionnement du service, à un accompagnement de qualité des enfants et à des conditions de travail ne mettant pas en danger la santé physique et psychologique des salariés. Le minimum semble être que le Relais Parental de Besançon bénéficie réellement de 2,5 postes supplémentaires comme à Montbéliard.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur Général, l’expression de mes sincères salutations.

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