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Université de Besançon : des étudiants étrangers inquiets

Posted by dsinterim sur août 27, 2020

L’Est Républicain, 26 août 2020 :

C’est le syndicat CGT qui a mis leur situation en avant : après avoir subi « de plein fouet la crise sanitaire », des étudiants extra-communautaires sont aujourd’hui sans solution, inquiets à l’idée d’être expulsés du territoire. L’université de Besançon n’a validé ni leur passage dans le niveau supérieur ni leur redoublement.

Quand il est arrivé du Tchad en septembre 2019, il était « un peu perdu », il le reconnaît. « Le système éducatif dans lequel j’étais est totalement différent », murmure M. (il ne souhaite pas donner son nom). L’étudiant en Master 1 s’est accroché. Et puis, début juillet, le couperet est tombé : son redoublement n’est pas accepté. Motif invoqué : « Niveau insuffisant ». Le jeune homme ne comprend pas, et l’avenir immédiat l’inquiète : il a rendez-vous dans quelques jours en préfecture, dans le cadre de son renouvellement de titre de séjour, et il craint de perdre son statut étudiant.

Des modalités d’évaluation pas communiquées

Le syndicat CGT salarié.e.s étudiant.e.s. dit avoir été contacté par une quinzaine d’étudiants, essentiellement en fac de droit, qui se retrouvent tous peu ou prou dans une situation similaire.

« Arrivés pour la plupart à la mi-septembre 2019 (suite à des problèmes administratifs), ils se sont retrouvés à l’université quelque peu démunis, car leurs modalités d’évaluation – dont celle concernant la sélection en master – ne leur avaient pas été communiquées. De plus, ils ont subi de plein fouet la crise sanitaire du printemps et se sont donc retrouvés sans ressources scolaires et sans moyens financiers (leurs emplois étudiants étant stoppés) ». Certains, en outre, auraient été atteints du Covid.

« Sans raison apparente »

À cela, souligne Wiam Bama, la secrétaire générale adjointe du syndicat, « s’ajoute un problème bien précis, venant de l’université elle-même : ils se sont vus refuser leur entrée en Master, tout comme le redoublement d’ailleurs, sans raison apparente. » Résultat, toujours selon le syndicat : ces étudiants se voient désormais menacés d’expulsion du territoire. « On aimerait bien avoir des explications », souligne Matthieu Guinebert. Selon lui, les étudiants ont pour la plupart déposé des recours gracieux.

Christophe Lang, le nouveau directeur de l‘UFR SJEPG (Sciences juridiques, économiques, politiques et de gestion), lui, dit n’avoir eu connaissance que de quelques cas. À chaque fois, dit-il, les commissions d’admission ont jugé que les étudiants avaient un « niveau trop faible ». « Les laisser continuer les placerait dans une situation d’échec grave ».

Un recours au tribunal administratif

Quid de l’accompagnement de ces étudiants extra-communautaires ? Selon Wiam Bama, il fait défaut et c’est un « problème récurrent ». « Nous faisons partie des 13 premières universités à avoir eu (en 2019 N.D.L.R.) le label Bienvenue en France, répond Christophe Lang. Nous avons un regard particulièrement attentif sur ces étudiants. »

Amadou Diallo, lui, met en avant le timing. L’étudiant, de nationalité guinéenne, a validé son Master 1 cette année, mais dit n’avoir appris que le 1er juillet qu’il ne serait pas pris en Master 2 à Besançon. Trop tard : « Les campagnes de recrutement dans les autres facs étaient closes ». « Je vais déposer un recours au tribunal administratif ».

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