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Lettre ouverte au Président de la République : Les solidarités en berne

Posted by dsinterim sur juillet 6, 2018

Lettre ouverte de la Fédération CGT de la Santé et l’Action Sociale au Président de la République, 4 juillet 2018 :

 Les solidarités en berne

Monsieur le Président,

Vous le président des riches, vous favorisez votre classe sociale et stigmatisez les plus vulnérables ! Vos propos sont indignes de votre fonction que vous assumez au nom du Peuple Français. Si les aides sociales coûtent « un pognon de dingue sans réduire la pauvreté », que dire des choix néo-libéraux de votre gouvernement concernant les réductions fiscales accordées aux plus riches, exonérations des charges patronales et autres faveurs ?

Comment peut-on mépriser à ce point ceux d’entre nous qui ont besoin de la solidarité nationale ? Les pauvres coûtent cher, mais ils sont tributaires des politiques publiques et c’est bien le néo-libéralisme qui engendre la pauvreté, creuse les inégalités et marginalise les moins qualifiés d’entre nous. Comment pouvez-vous vous dédouaner de votre responsabilité en tant que chef de l’État, élu par le peuple des citoyens et garant de l’intérêt des populations ? De fait, la précarité va exploser grâce à vos réformes visant la casse du droit du travail, des garanties collectives et la protection sociale – ordonnances travail et consort-.

Vous vilipendez les pauvres, les accusez d’être responsables de la situation dans lesquels ils sont englués alors que vous participez activement à leur marginalisation à travers vos choix politiques, économiques ou budgétaires effectués au nom de ce même peuple tant décrié, « assisté » ! Enfin le « petit peuple » : l’armée de ceux -9 millions de personnes tout de même- qui n’ont pas suffisamment pour subvenir à leurs besoins ! Or, vous devriez vous employer à garantir la mise en oeuvre effective des droits sociaux constitutionnels : droit au travail -et à un travail de qualité- permettant à chacun de vivre dignement, droit à la santé, au logement que personne ne devrait faire valoir –DALO- à la culture et à l’éducation… Concernant l’intérêt général, c’est votre tâche principale ! Et donc où en êtes-vous à ce sujet sauf à détruire des services publics, rempart de l’égalité des citoyen.ne.s ?

Les pouvoirs publics vomissent un discours lénifiant, « novlangue » vantant l’empowerment et l’inclusion sociale alors même que toutes les mesures actuelles sont un coup porté à l’égalité et la solidarité nationale, à la fameuse « fraternité » : baisse des APL, fin des contrats aidés, refus d’accueil ou de protection des réfugiés et des mineurs isolés étrangers, suppression des pensions de réversion, réduction de la part des logements neufs accessible aux Français en situation de handicap… Une liste à la Prévert longue comme un jour sans pain et sans perspective d’avenir foulant aux pieds la dignité humaine !

Le plan gouvernemental en faveur du travail social de 2015 pourtant pas la panacée, vantait les mérites d’un premier accueil inconditionnel, mais il y a loin de la coupe aux lèvres ! Il suffit d’ouvrir les yeux, de ne pas les baisser pudiquement face aux pauvres qui profiteraient de la générosité de la collectivité, aux sans-abris, aux réfugiés, aux mineurs isolés étrangers qui, pour certains, n’ont pas d’autre alternative que de voler de quoi survivre !

Et votre stratégie d’accusation des groupes sociaux, contribue davantage à renforcer le repli sur soi et la haine de l’autre, nourrir le dégoût de la chose publique et les discours populistes, leviers de l’extrémisme qui bouffit l’Europe en butte à une technocratie inféodée à la finance. Vos lois ou transpositions des directives européennes liberticides -l’intégration de l’état d’urgence dans le droit commun, Asile et immigration, secret des affaires…- achèvent le tableau. Les objectifs du contrôle des populations et de censure du discours citoyen viennent porter le coup de grâce au nom du renforcement de la sécurité intérieure, de la lutte contre le radicalisme et du diktat implicite de lobbies économiques et financiers.

De quel projet de société êtes-vous le parangon Monsieur le Président ? Peut-être devriez-vous (re)lire T. de KONINCK : « …la dignité de la civilisation à venir se mesurera au respect qu’elle manifestera aux plus faibles des siens… ». Et si Platon souligne qu’« il vaut mieux souffrir une injustice qu’en commettre une », à l’instar de P. Verdier, faire vôtre le fait que « Plus on a de pouvoir et plus on a de devoir. Moins on a de pouvoir et plus on doit avoir de droits » !

Voir en PDF : Lettre ouverte Les libertés en berne 07-2018

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