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Nantes : Appel à mobilisation à l’occasion des Assises Nationales de la Protection de l’Enfance

Posted by dsinterim sur juin 20, 2018

A l’occasion des Assises Nationales de la Protection de l’Enfance à Nantes ces 28 et 29 juin, le Collectif Protection de l’Enfance 44 (PE44) et les syndicat CGT, CFDT et SUD appellent à la mobilisation contre les appels à projet et contre la casse de la protection de l’enfance. Force est de constater que ce que soulèvent les collègues de Loire-Atlantique correspond bien à ce que nous vivons aussi à l’autre bout du pays, dans le Doubs.

L’objectif est de rassembler le plus grand nombre pour pouvoir être force de proposition, afin d’enrayer le quotidien et de stopper ce que les politiques publiques imposent et qui nuisent au cœur même de ce qui rassemble à savoir l’intérêt de l’enfant, de la personne en devenir, de la personne elle-même.

A l’occasion de l’ouverture de ces Assisses, le collectif PE 44 souhaite faire entendre le mal-être de l’ensemble des acteurs de la Protection de l’Enfance en rassemblant un maximum de personnes dès 12h devant la Cité des Congrès à NANTES le jeudi 28 juin 2018.

Le jeudi 28 juin à NANTES, journée des « Contres Assises » :

  • 10h la conférence de presse qui aura lieu à l’UD CGT
  • 12h rassemblement pour un pique-nique devant la cité des congrès
  • 14h tribune publique, animation, …

Courrier du Collectif Protection de l’Enfance 44 et des syndicat CGT, CFDT, SUD, aux Professionnels sociaux et Médico-sociaux de Loire-Atlantique.

Objet : ALERTE sur la Protection De l’enfance en Loire-Atlantique.

Chère, cher collègue,

Nous sommes un collectif de professionnels de la protection de l’enfance, du médico-social, de la santé et de la pédopsychiatrie, privé, public, milieu ouvert, internat, assistants familiaux, ASE, MNA.

Nous nous sommes regroupés pour faire entendre notre voix auprès des financeurs dans un premier temps, pour dénoncer l’évolution des politiques publiques à moindre coût, dégradant significativement la protection des enfants en LOIRE-ATLANTIQUE, comme la tendance nationale semble l’indiquer dans la majorité des autres départements, Maine et Loire, Nord, Seine et Marne…

Les enfants se voient délaissés par une politique départementale, développant les mesures en milieu ouverte en cadence industrielle, des structures « Low Cost » privilégiant le bénévolat et le mécénat. Le département de LOIRE-ATLANTIQUE perd significativement le sens de ses missions en détériorant sa politique de protection de l’enfance.

La perte de sens de nos missions est impactée par les décisions chiffrées du conseil départemental. Ainsi les enfants arrivant sur nos structures se voient, accompagner avec des dispositifs à minima ou en inadéquation avec leur profil.

Les mesures en milieu ouvert sont impactées par ces restrictions budgétaires et en particulier les services d’Intervention Soutenue à Domicile, qui ont vu au cours de l’année 2017 leur ratio augmenter, passant de 6 à 10 mesures par éducateur ETP. Cette décision avait été prise pour résorber les situations en attente au niveau de la plate-forme mais malgré cela aujourd’hui les délais de mise en place sont toujours aussi longs.

Cela n’est pas sans conséquences sur les conditions de travail des professionnels, qui doivent faire le même travail, avec des profils de familles de plus en plus complexes. Que dire de la concurrence qui s’exerce entre les services, qui ont chacun leur façon de travailler en l’absence d’un référentiel commun. Cela prend la forme d’une lutte inter service, qui va toujours vers le plus offrant comme cela s’est passé dans le département du Maine et Loire. Que dire aussi, de la crainte croissante des travailleurs sociaux, qui se trouvent régulièrement isolés face à des familles dont les problématiques génèrent parfois des tensions, voir des violences.

Les enfants et les jeunes accueillis dans les internats de LOIRE-ATLANTIQUE présentent des profils de plus en plus complexes, et souvent des inadaptations, qui les empêchent d’intégrer les dispositifs de droit commun. Nous avons toujours plus d’enfants en journée quand ils devraient être en classe. La violence sous toutes ses formes côtoie ainsi le quotidien des jeunes comme des professionnels, violences verbales et physiques, ou pire des agressions sexuelles d’enfants, des enfants délaissés avec des retours au domicile, multiplication des « Burn-out » des professionnels…. La protection de l’enfance ne protège plus.

Mais que dire des services de la Pédopsychiatrie, tellement démunies qu’ils ne sont plus en mesure de prendre en charge les enfants, avec plus d’un an d’attente pour des suivis, ou encore des jeunes adolescents qui se retrouvent hospitaliser, à défaut dans des services pour adultes.

Les services médico-sociaux se voient ainsi accablés de situation relevant de pédopsychiatrie. Cette politique de tirer vers le bas les prises en charge des enfants, comme pour tirer vers le bas le prix, à un coût, au-delà du financier il est avant tout humain et nous le voyons.

La réorganisation des services de l’Aide Sociale à l’Enfance a créé des tensions et des souffrances entre les services. Il nous semble évident que ce ne sont pas les agents qui sont responsables de ces « tensions » mais bien l’organisation de l’administration, la charge de travail voire le management.
Très perturbés par les « Turn Over » incessant dans les services de l’ASE, le manque d’harmonisation entre les territoires, des situations d’enfants complexes imposées par les services engendrent des conséquences auprès des assistants familiaux. Les recrutements se font rares et les démissions se multiplient. In fine, cela amène moins de possibilité de placement pour les enfants.

Le dispositif d’accueil d’urgence est saturé « c’est au territoire de se débrouiller », ce qui implique que les référents de l’ASE passent beaucoup de temps à rechercher des gites d’enfants au fin fond de la Vendée, pour des durées limitées, pour quel résultat ?

Des placements non exécutés avec des enfants de 13, 14 ans à la rue à qui, on va acheter des sandwichs et laver leurs vêtements.

Des agents en dépassement horaire (plus de 50 heures par semaine) et la seule réponse de la hiérarchie est : autorisez-vous à partir, quid la conscience professionnelle, de l’éthique, … ?

Mais nous assistons aussi à une augmentation massive de la prise en charge des Mineurs Non Accompagnés en LOIRE-ATLANTIQUE, fort de constater pour le moment que l’état se désengage. Les conditions d’accueil n’y sont pas, il y a une différenciation de prise en charge des MNA et des enfants nés sur le territoire français. Alors que le département se voit dans l’obligation de distinguer le coût des MNA pour pouvoir se retourner contre notre gouvernement, avec une belle querelle de clochés, des enfants ne sont pas suffisamment protégés.

Quelles sont nos valeurs ?

Le département de LOIRE ATLANTIQUE soigne son électorat avec des campagnes coûteuses de communication pour la politique de la protection de l’enfance, affiches placardées sur le conseil départemental comme dans nos rues, annonces publicitaires dans cinémas, magasine départemental, communiqués de presse, vidéo sur You Tube…Mais cette devanture, porte-t-elle autant de soins auprès des jeunes et des enfants, auprès des professionnels comme des institutions et services.

Nous ne pouvons pas raisonner simplement sur un plan comptable, car nous travaillons avec des enfants victimes bien souvent de maltraitances, il est essentiel d’en prendre soin, c’est le sens de notre mission. Ce ne sont ni des marchandises, ni des variables d’ajustement. Donnons du sens à nos actes, prenons soins des jeunes comme de nos actions.

Aujourd’hui, notre objectif est de nous rassembler au plus grand nombre pour pouvoir être force de proposition, afin d’enrayer notre quotidien et de stopper ce que les politiques publiques nous imposent et qui nuisent au cœur même de ce qui nous rassemble à savoir l’intérêt de l’enfant, de la personne en devenir, de la personne elle-même.

Suite à ce constat le collectif PE44 a organisé avec le soutien des organisations syndicales une assemblée générale le 24 mai 2018 à 18h. Au cours de cette assemblée, le collectif PE 44 a mandaté l’intersyndicale pour déposer un préavis de grève les 28 et 29 juin 2018 jours des Assises Nationales de la Protection de l’Enfance à NANTES.

A l’occasion de l’ouverture de ces Assisses, le collectif PE 44 souhaite faire entendre le mal-être de l’ensemble des acteurs de la Protection de l’Enfance en rassemblant un maximum de personnes dès 12h devant la Cité des Congrès à NANTES le jeudi 28 juin 2018.

Le collectif PE 44 se retrouve à nouveau le lundi 11 juin 2018 à 18h à la Salle CGT- 1, PL de la Gare de l’Etat, 44000 Nantes pour définir ensemble les différentes actions qui seront mises en place ce jour-là en complément de la conférence de presse et des différentes prises de paroles des représentants nationaux des organisations syndicales et des membres du collectif PE.

Amicalement,

Le collectif Protection de l’Enfance de Loire-Atlantique et les syndicats CGT, SUD, CFDT.

  • Voir le courrier en PDF : courrier_pe_44_1er
  • Tract de l’Union Fédérale de l’Action Sociale CGT « Toutes et tous mobilisés pour sauvegarder la protection de l’enfance » (PDF) : tract_casp
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