CGT ADDSEA

Site de la section CGT de l’ADDSEA

Retour sur la grève aux Opalines de Foucherans

Posted by dsinterim sur juillet 31, 2017

Article de France 3 Bourgogne Franche-Comté, 29 juillet 2017 :

Les aides-soignantes de l’Ehpad des Opalines ont mis un terme à leur mouvement de grève qui aura duré 117 jours. Des compensations financières et des congés payés exceptionnels ont été annoncés par la directeur de l’Ehpad. Retour sur l’un des plus longs conflits sociaux de ces dernières décennies.

Elles auront fait preuve d’une obstination, d’un courage et d’une abnégation rares. Les aides-soignantes de l’Ehpad des Opalines de Foucherans ont mis fin ce jeudi 27 juillet, à leur mouvement de grève après 117 jours de conflit. Une grève qui restera comme l’une des plus longues de ces dernières décennies. Elles sont parvenues à obtenir une prime de fin de grève de 450 euros nets et trois semaines de congés annuels pour cette année. Aussi, un observatoire sera mis en place pour mieux encadrer le métier d’aide-soignant dans les mois et les années à venir. Un arrangement qui intervient quelques jours après l’arrivée d’un médiateur venu de la capitale. Retour en sept dates sur ce conflit social hors-norme.

Le 3 avril : le début du conflit

C’est un lundi que la dizaine d’aides-soignantes de l’Ehpad des Opalines ont décidé de lancé leur mouvement de grève. Pour continuer de soigner les 77 patients de l’établissement, des soignantes en CDD avaient pris le relais. Elles s’indignaient d’un manque notable d’effectifs qui ne permettait pas de soigner convenablement les résidents de l’Ehpad et des mauvaises conditions de travail. « Il faut se poser la bonne question sur nos salaires. Ils ne sont peut-être assez attractifs. Aujourd’hui, une aide-soignante touche 1300 euros. Nous sommes payés 15 € pour nos primes de dimanches », s’insurgeait Anne-Sophie Pelletier, porte-parole des grévistes.

25ème jour : la révolte

Installées depuis des semaines devant l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantess à Foucherans, les aides-soignantes, avaient fait impasse sur leurs salaires et ne comptaient pas arrêter leur mouvement de grève malgré un début de négociation avec la direction. Elle, qui, à ce moment, promettait une « organisation de travail moins fatiguante ». Une avancée insuffisante pour les grèvistes. De leurs côtés, elles continuaient de réclamer des hausses de salaires et des embauches supplémentaires. « On veut retourner au travail avec des meilleurs conditions. Mais quand on voit que cela n’avance pas, ça nous révolte », avait expliqué Marion Van Der Becken, gréviste. De leur côté, toutes espéraient faire connaître leur cause. « On espère sincèrement que le mouvement qu’on a mis en place va faire prendre conscience à d’autres collègues qu’on peut être contre ce système », expliquaient Anne-Sophie Pelletier. Les grévistes demandaient alors à l’agence régionale de santé (ARS) d’intervenir dans le conflit afin de le résoudre. Sans succès.

38ème jour : le soutien grandissant des anonymes

Les discussions entre les grévistes et la direction de l’Ehpad semblaient rompues. Aucun d’entre elles était rémunérée et pourtant, elles avaient décidé de poursuivre leur mouvement de grève. Depuis quelques semaines, une grande solidarité s’était mis en place autour d’elles. Des initiatives personnelles qui leur permettaient de rester positives et motivées face à un dialogue visiblement au point mort avec la direction, qui refusait de répondre à la presse. Chaque jour, des anonymes venaient et donnaient à manger ou de l’argent. « Heureusement qu’elles ont cette solidarité », explique une mère de famille. Le renfort en personnel était envisagée par la direction mais rien ne semblait bouger pour les rémunérations. « On ne peut pas se permettre d’aller travailler sans avoir rien obtenu. Cela ne serait pas moral pour les personnes qui nous ont soutenu et les résidents », expliquait alors la porte parole des grévistes.

57ème jour : aucune sortie de crise possible ?

« On ne pensait pas être ignoré 57 jours », Marion semblait fatiguée après 57 jours d’un mouvement de grève, devenu l’un des plus longs de l’histoire française. Elle et la dizaine d’autres grévistes encore présentes sur le piquet de grève ne comptaient pas s’arrêter là, mais commencaient à s’impatienter. Elles n’avaient toujours pas vu leur principale revendication, une prime de dimanche de 26 € par salariée, entendue. Ni l’ARS, ni la préfecture, ni un médiateur n’avait été nommé pour résoudre ce conflit, qui s’enlise. Les grévistes avaient mis de côté leur envie d’obtenir une augmentation de salaire mais la prime de 26 € du dimanche continue de cristaliser les tensions. Néamoins, la direction avait validé la création de deux postes supplémentaires.

109ème jour : un silence médiatique national rompu

Il s’agit bel et bien de l’événement clef de la résolution de ce conflit. Elles attendaient toutes ce moment. Le 18 juillet, le journal Le Monde publie à la une l’enquête de Florence Aubenas sur le conflit des aides-soignantes de l’Ehpad des Opalines de Foucherans. Un article qui aura eu comme conséquence d’amener les médias nationaux à s’intéresser à ce conflit qui dure à ce moment depuis 109 jours. À partir de cette date, le silence médiatique regretté par la dizaine de gréviste, était rompu. Immédiatement, RTL, Europe 1, TF1 et d’autres médias s’étaient rendus à Foucherans. Autre conséquence de ce regain de médiatisation, qui aura également un impact positif sur le reste du conflit, la prise de parole de François Ruffin, député La France Insoumise. À l’Assemblée nationale, le député et réalisateur, avait interpellé la ministre de la Santé et les députés République En Marche sur les salariées de Foucherans. Annie Vidal, députée REM de la 2e circonscription de Seine-Maritime s’était engagée à se rendre sur place dans le Jura. Une promesse qu’elle n’a pas pu tenir.

115ème jour : un médiateur nommé

Deux députés qui auront mis un coup de grâce à 115 jours de grève. Les députés François Ruffin et Caroline Fiat (LFI) avaient rendu visite aux aides-soignantes de l’Ehpad « Les Opalines ». À l’issue de la rencontre, François Ruffin s’était entretenu avec la direction et un médiateur avait été nommé pour régler le conflit. Devant les caméras, le député avait interpelé la direction qui s’était exprimée pour la première fois en présence de nombreux journalistes. Un médiateur privé venu de Paris avait été nommé. L’expert dans la gestion de crise en milieu hospitalier avait alors annoncé vouloir résoudre ce conflit social rapidement. Dans le même temps, la direction avait profité de la présence des caméras pour démentir la maltraitance sur les personnes âgées résidentes dénoncées par les grèvistes et des familles de résidents.

117ème jour : la fin d’un conflit hors-norme

Le 117ème jour de grève a marqué la fin de ce conflit social. Les aides-soignantes sont parveneus à avoir une prime de fin de grève de 450 euros nets et trois semaines de congés annuels pour cette année. Aussi, un observatoire sera mis en place pour mieux encadrer le métier d’aide-soignant dans les mois et les années à venir. Un soulagement pour les salariées.

 

France Bleu, 27 juillet 2017 :

Opalines de Foucherans : « Ce débat désormais ouvert sur les maisons de retraite, c’est notre plus belle victoire »

Le médiateur des Opalines a détaillé, ce vendredi, les mesures de fin de grève obtenues par les aides-soignants de l’Ehpad de Foucherans (Jura) après 117 jours de conflit. Postes, congés et prime supplémentaires. Mais surtout une vraie lumière sur les maisons de retraite, pour les ex-grévistes.

Beaucoup d’émotion en fin de matinée, ce vendredi. Devant l’entrée de l’Ehpad Les Opalines de Foucherans (Jura), à quelques mètres de la grille d’entrée où ils ont tenu leur piquet de grève durant 117 jours, les aides-soignants de l’établissement jurassien ont beaucoup souri, embrassé et enlacé tous leurs nombreux soutiens : proches, syndicalistes, collègues ou encore Florence Aubenas, la journaliste du Monde qui, avec sa Une du 19 juillet, avait donné une dimension nationale au conflit.

Beaucoup de sourires. Et de larmes, aussi… De joie et surtout de soulagement, après ces surréalistes quatre longs mois de grève quasiment ! Dans le froid, la pluie, la canicule et le doute, souvent… Mais au bout, il y a donc cette sortie de grève, enfin. Sous forme de victoire, à plus d’un titre, pour les aides-soignants.

Les ex-grévistes enchainent immédiatement avec trois semaines de vacances supplémentaires accordées par leur direction

Deux postes d’aides-soignants – débloqués par l’Agence Régionale de Santé de Bourgogne/Franche-Comté – supplémentaires, 450 euros nets de prime et trois semaines de congés payés en plus, exceptionnellement accordées par la Direction afin de servir de « sas de décompression » : voilà les mesures concrètes obtenues par les désormais ex grévistes de la maison de retraite de Foucherans et détaillées, ce vendredi, par le médiateur mandaté par le Groupe Les Opalines ces deux derniers jours pour mener les négociations de sortie de conflit.

Prise en charge des personnes âgées et de leurs soignants : début de la fin d’un sujet tabou ?

Mais plus que les chiffres sur un chèque, la victoire qui compte vraiment à leurs yeux, expliquent les ex grévistes : c’est surtout d’avoir pu, enfin, mettre sur la place publique et nationale les conditions à nettement améliorer dans les maisons de retraite en France. Les personnes âgées qui y séjournent. Et les personnels soignants qui s’en occupent au quotidien !

RFI, 28 juillet 2017 :

L’une des plus longues grèves de France s’est achevée hier dans le Jura, dans la commune de Foucheran, dans l’est de la France. Grève des aides-soignantes de la maison de retraite des Opalines, qui réclamaient une amélioration de leurs conditions de travail,c’est un conflit qui durait depuis 4 mois. On en parle avec Florence Aubenas, grand reporter pour le quotidien Le Monde, qui a levé le voile sur ce mouvement social.

L’interview de Florence Aubenas peut être écoutée sur ce lien

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :