CGT ADDSEA

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« Il est légitime pour un syndicat de combattre l’extrême-droite »

Posted by dsinterim sur juillet 1, 2017

Réponse du délégué syndical CGT de l’ADDSEA à un courrier de la Direction Générale considérant que la distribution d’un tract syndical contre l’extrême-droite relèverait d’une « faute professionnelle » (voir le tract en question, tract qui reprend la déclaration de la Commission exécutive confédérale CGT du 25 avril 2017).

Courrier de la direction générale de l’ADDSEA au délégué syndical CGT

Monsieur le Directeur Général,

J’accuse réception de votre courrier daté du 13 juin 2017 et qui constitue une sanction selon la définition du code du travail et de la jurisprudence.

Ce courrier me reproche la diffusion par le syndicat CGT de l’ADDSEA d’un tract intitulé « Pas une voix ne doit se porter sur la candidature d’extrême-droite ». Notons qu’il s’agit de la déclaration de la Commission Exécutive de la CGT prise le 25 avril 2017 à Montreuil et distribuée dans de nombreuses entreprises, tant publiques que privées, et qu’à ma connaissance dans aucune d’entre elles les directions n’ont remis en cause son caractère syndical.

La jurisprudence citée dans votre courrier n’a que peu de rapport avec le tract incriminé. De plus, cette jurisprudence date de 1980, soit d’avant les lois Auroux qui ont intégré dans le code du travail la notion suivante : «Le contenu des affiches, publications et tracts est librement déterminé par l’organisation syndicale, sous réserve de l’application des dispositions relatives à la presse » (Article L2142-5 du Code du Travail).

Notons également une ambiguïté de forme, puisque ce courrier indique que la diffusion de ce tract « relève d’une faute professionnelle » alors qu’il émane, comme les autres tracts, de structures CGT et non de ma seule personne. Il semble pourtant s’adresser à ma personne et non au syndicat CGT ADDSEA en tant que personne morale.

Au-delà de cette question purement de droit, il convient de rappeler que le but d’une organisation syndicale est la défense des intérêts matériels et moraux des salariés. En ce sens, un tract syndical ne saurait se limiter à soulever des questions spécifiques à l’entreprise, mais peut également traiter de questions plus générales qui concernent le monde du travail.

Le mouvement ouvrier et syndical en général et la CGT en particulier ont ainsi toujours dénoncé le racisme, le sexisme, l’homophobie et autres discriminations.

Il est donc logique qu’une organisation syndicale prenne position contre un parti qui cherche à diviser les travailleurs sur une base nationaliste.

Plus spécifiquement à la branche, le Haut Conseil du Travail Social a adopté une définition du Travail Social, confirmée par le Décret n° 2017-877 du 6 mai 2017 qui précise : « Le travail social vise à permettre l’accès des personnes à l’ensemble des droits fondamentaux, à faciliter leur inclusion sociale et à exercer une pleine citoyenneté. Dans un but d’émancipation, d’accès à l’autonomie, de protection et de participation des personnes, le travail social contribue à promouvoir, par des approches individuelles et collectives, le changement social, le développement social et la cohésion de la société. (…) Il s’appuie sur des principes éthiques et déontologiques. (…) Le travail social s’exerce dans le cadre des principes de solidarité, de justice sociale et prend en considération la diversité des personnes bénéficiant d’un accompagnement social. »

Or, un parti qui, dans son programme indique vouloir « mettre en œuvre une véritable politique nataliste, réservée aux familles française », «réaliser des économies en supprimant l’aide médicale d’État» ou «réserver prioritairement aux Français l’attribution du logement social » défend des orientations politiques qui sont en totale contradiction avec les principes et les valeurs qui fondent le travail social.

Il est donc légitime pour un syndicat de combattre l’extrême-droite et toutes les idéologies de division. La CGT ADDSEA continuera à informer les salariés sur leurs droits et de défendre les valeurs de solidarité, d’antiracisme et de fraternité qui sont celles du syndicalisme et qui, espérons-le, sont aussi celles de l’association.

Aussi, je vous demande de supprimer cette observation de mon dossier professionnel.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur Général, l’expression de mes sincères salutations.

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2 Réponses to “« Il est légitime pour un syndicat de combattre l’extrême-droite »”

  1. les patrons en 36 disaient , mieux vaut hitler que le front populaire .

  2. […] Lettre de l’Union Départementale CGT du Doubs, de l’Union Syndicale Départementale de la Santé et de l’Action Sociale CGT du Doubs et de l’Union Locale CGT de Besançon adressée à la direction générale de l’ADDSEA suite au courrier d’observation envoyée au délégué syndical CGT de l’ADDSEA considérant que la distribution d’un tract syndical contre l’extrême-droite relèverait d’une « faute professionnelle » (voir le tract en question, tract qui reprend la déclaration de la Commission exécutive confédérale CGT du 25 avril 2017 ainsi que la réponse du délégué syndical et le courrier de la DG). […]

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