CGT ADDSEA

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Menaces sur les budgets de la protection de l’enfance.

Posted by dsinterim sur mars 6, 2017

Dans le cadre de la préparation de la journée de grève nationale des salariés de la santé et de l’action sociale ce mardi 7 mars, les syndicats CGT de l’ADDSEA, de l’Hygiène Sociale de Franche-Comté et de l’AGE ont tenu, avec l’Union Syndicale Départementale CGT de la Santé et de l’Action Sociale, une conférence de presse ce vendredi 3 mars afin de pointer les menaces sur les budgets de l’action sociale et de la protection de l’enfance. Voici un résumé de ce qui y a été dit :

Ce 7 mars, les salariés de l’action sociale et de la santé sont en grève.

En plus de nos revendications sur nos salaires, nos emplois et garanties collectives, nous demandons des moyens pour l’action sociale et souhaitons alerter sur les conséquences des coupes budgétaires.

isa-ase

Depuis des années, malgré l’augmentation de la misère, l’Etat et les collectivités locales baissent les budgets de nos établissements et services.

Chaque hiver, des gens meurent de froid. Les services pour l’hébergement d’urgence comme le 115 sont saturés. Depuis cet automne, il y a 59 places d’hébergement d’urgence de moins à Besançon suite à la fermeture de l’abri de nuit. On en arrive à une situation où en France, on compte officiellement plus de 30.000 enfants à la rue.

Parmi les inquiétudes, il y a celle des financements à venir de la protection de l’enfance par le Conseil Départemental.

Le CPOM (Contrat Pluriannuel d’Objectifs et de Moyens) entre le Conseil Départemental du Doubs et l’ADDSEA est arrivé à échéance en 2015. En 2016, le budget a été reconduit pour une année, et ce sans prendre en compte ni la hausse des prix ni les évolutions de carrière (Glissement Vieillesse Technicité, GVT, c’est-à-dire les évolutions de salaire liées à l’ancienneté).

Pour l’année 2017, aucune information n’a été transmise concernant les financements et les perspectives. Le 27 mars 2017, les élus du Département devront voter les crédits destinés aux structures de protection de l’enfance comme bien des services de l’ADDSEA. Il est question également d’une négociation d’un nouveau CPOM pour les années 2018 à 2021.

Or, selon des déclarations des élus du Conseils Départemental du Doubs des économies se feraient d’abord sur « les secteurs où le département n’est pas, statutairement, obligé de subventionner » (Est Républicain du 12 février 2016)… Nous nous inquiétons donc pour plusieurs services.

Fin 2015, le Service des Correspondants de Nuit a fermé sur décision de la ville de Besançon de cesser le financement. Au-delà des licenciements, c’est un service en moins pour les habitants de quartiers populaires de Besançon.

Dans plusieurs départements, dont la Côte d’Or, les services de la Prévention Spécialisée (les éducateurs de rue) ont subi des baisses drastiques des financements (coupe budgétaire a été de 300.000 € en 2015). Dans de nombreux autres départements, la Prévention Spécialisée a aussi subi des coupes budgétaires importantes comme dans la Drôme, 
le Var, les Alpes-Maritimes, la Seine-Maritime, 
la Charente, le Gard, Paris, le Maine-et-Loire, l’Eure-et-Loir, le Bas-Rhin… Quant aux services de prévention spécialisée du Loiret et de l’Yonne par exemple, ils ont été purement et simplement supprimés.

Or, ces services sont indispensables et permettent à bien des jeunes de ne pas sombrer et de garder un lien de confiance avec des adultes. Dans le Doubs aussi, nous craignons que les futures décisions du Conseil Départemental remettent en cause ces services.

Toujours dans les services qui ne sont pas des obligations et qui donc pourraient être menacés, nous pouvons citer des services comme le Relais Parental ou les services d’insertion (chantier d’insertion) Le Relais Parental offre un soutien aux parents qui ont besoin (exemple : parents isolés devant être hospitalisés), ponctuellement, que leurs enfants (à partir de 2 ans) soient accueillis pour quelques heures ou quelques jours. Pour répondre à sa mission, il doit être ouvert 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, d’où une présence permanente de personnel. Alors que le taux de chômage des moins de 25 ans dépasse les 25% en France, les chantiers d’insertion par l’emploi sont plus que jamais indispensables pour les jeunes les plus éloignés de l’emploi. Or on note que l’on met pour ces chantiers de plus en plus en avant le mécénat alors que les financements publics sont en baisse.

Aujourd’hui, les jeunes suivis par l’Aide Sociale à l’Enfance peuvent, après leurs 18 ans et jusqu’à 21 ans, continuer à bénéficier d’un accompagnement le temps de finir leurs études et d’accéder à un emploi et à un logement (contrat jeune majeur). En Haute-Saône, le Département met déjà fin à cette possibilité. Dans le Doubs aussi, nous craignons que cet accompagnement des jeunes majeurs soit attaqué. Cela reviendrait à livrer brutalement ces jeunes à eux-mêmes. On entend en effet de plus en plus dans les services et établissements que les Contrats Jeunes Majeurs seront accordés « au compte-goutte ». On sait déjà qu’entre 21 ans (âge limite pour les contrats jeunes majeurs) et 25 ans (âge pour obtenir au minimum le RSA), de nombreux jeunes sombrent dans la précarité la plus totale. Pour l’immense majorité des mineurs pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance, il est impossible d’accéder à un emploi et à un logement donc à l’autonomie dès 18 ans ! Le maintien, selon les besoins des jeunes, de cet accompagnement est indispensable !

Aussi nous demandons au niveau du Conseil Départemental :
– Le maintien de l’enveloppe budgétaire avec prise en compte du GVT et de la hausse des prix, ce qui est un minimum pour continuer à remplir nos missions de protection de l’enfance.
– Des garanties pour la préservation du dispositif Contrat Jeunes Majeur pour tous les jeunes qui ont en besoin, sans discrimination de nationalité.
– Des garanties pour le maintien de tous les services et emplois notamment de la Prévention Spécialisée, du service insertion et du Relais Parental.

Une pétition à destination du Conseil Départemental pour le maintien des budgets peut être signée :

– En la téléchargeant en PDF budgets-amputes-pet ou par la pétition en ligne.

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