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25 novembre : Journée internationale contre les violences faites aux femmes

Posted by dsinterim sur novembre 25, 2012

Pour ce 25 novembre 2012, réaffirmons le droit pour toute femme de vivre sans violence et de pouvoir être protégée et défendue lorsqu’elle est victime de violences conjugales. Cela implique un véritable droit au séjour pour les femmes victimes de violences et la régularisation immédiate de toutes les femmes qui sont actuellement sans-papiers parce qu’elles ont quitté un conjoint violent.

Tract de la campagne « Droit d’asile et droit au séjour pour les femmes victimes de violences » pour le 25 novembre 2012 :

25 novembre : Contre les violences machistes et la violence d’Etat

Le 25 novembre, Journée contre les Violences Faites aux Femmes, les ministres, député(e)s et autres « représentantes et représentants du peuple » dénoncent, à juste titre, les violences machistes et annoncent des projets pour lutter contre les violences faites aux femmes.

Et pourtant, derrière les discours, la législation française actuelle maintient des dizaines de milliers de femmes sous le pouvoir quasiment absolu de leurs maris et autres conjoints. Ce n’est pas dans un pays où l’apartheid sexiste est inscrit dans la constitution, mais en France, « patrie des droits de l’homme », dans la France qui affiche la devise « Liberté, Egalité, Fraternité » que la législation permet à un homme, sur simple déclaration de « fin de vie commune » à la Préfecture de faire renvoyer une femme à des milliers de kilomètres, c’est en France où la législation met les femmes étrangères sous la dépendance totale de leurs maris pendant trois ou quatre ans. Avant ce délais, quitter le domicile conjugal, même en cas de violences, c’est risquer de se retrouver privée de titre de séjour, sans-papier, sous le coup d’une Obligation de Quitter le Territoire et même expulsée, et le plus souvent dans un pays où le statut de « femme divorcée » est prétexte à de nouvelles violences ou discriminations.

Oh bien sûr, d’après la législation, en cas de violences conjugales, la femme qui a quitté le domicile de son mari peut obtenir un titre de séjour. Mais pour cela, encore faut-il réussir à prouver les violences conjugales. Déjà, pour les femmes françaises, porter plainte et faire reconnaître les violences conjugales est un combat de longue haleine. Ainsi selon une étude de l’Observatoire national de la délinquance (OND) publiée en juillet 2008, seulement une femme victime de violence sur cinq porte plainte contre son agresseur. En 2003, une étude de l’Observatoire des Violences Conjugales des Alpes de Haute-Provence montrait que sur 100 plaintes déposées pour violences conjugales en 2002, 68 avaient été classées sans suite.

Si la bataille juridique pour faire reconnaître les violences est difficile pour toutes les femmes victimes de violences, elle devient un véritable parcours de la combattante pour les femmes étrangères qui doivent parfois faire face aux préjugés racistes des policiers, doivent surmonter la barrière de la langue et comprendre les rouages de la machine judiciaire française, ont souvent été mises dans un état d’isolement par leurs conjoints depuis leur arrivée en France, et se retrouvent rapidement privée de leur droit au séjour ! Comment prouver les violences psychologiques ? Comment trouver des témoins des violences lorsque ces violences sont commises au domicile conjugal ? Comment se battre pour faire reconnaître les violences subies lorsque l’on est sous le coup d’une Obligation de Quitter le Territoire Français ?

Comment accepter qu’au 21ème siècle, dans un pays qui se veut être un exemple en matière de droits humains et donc des droits des femmes, des dizaines de milliers de femmes se retrouvent complètement liées, juridiquement, à leurs maris, sous prétexte qu’elles sont étrangères ? Comment supporter que des dizaines de milliers de femmes doivent vivre dans la peur d’être expulsées simplement parce qu’elles ont fuit des violences conjugales ? Comment ne pas réagir lorsque des femmes qui fuient la violence d’un mari doivent subir la violence du gouvernement ?

Pour ce 25 novembre 2012, réaffirmons le droit pour toute femme de vivre sans violence et de pouvoir être protégée et défendue lorsqu’elle est victime de violences conjugales. Cela implique un véritable droit au séjour pour les femmes victimes de violences et la régularisation immédiate de toutes les femmes qui sont actuellement sans-papiers parce qu’elles ont quitté un conjoint violent.

Tant que le gouvernement ne prendra pas en compte ces revendications, tant que des femmes, parce qu’elles sont étrangères, devront « choisir » entre subir des violences sexistes ou être menacées d’expulsion, tant que des femmes seront sans-papiers pour avoir refusé de subir des violences, tous les beaux discours des femmes et hommes politiques tenues en cette journée mondiale contre les violences faites aux femmes sonneront creux.

Texte de la pétition qui peut être signée à cette adresse :

Droit d’asile et droit au séjour pour toutes les femmes victimes de violences

Elles ont fui des mariages forcés, l’excision pour leurs filles, des menaces de crimes d’honneur, la traite des êtres humains ou autres violences, dans des pays ou des régions où règnent des lois discriminatoires et misogynes, voir un véritable apartheid sexiste, ou des régions où aucune protection réelle n’est accordée aux femmes victimes de violences. Et pourtant, elles sont nombreuses, à n’avoir pas obtenu le droit d’asile en Europe et à vivre, sans papiers, sous la menace d’une expulsion.

Elles sont venues en Europe en croyant à des promesses d’amour, conjointe mariée de citoyens européens, pour découvrir rapidement les coups, la séquestration au domicile, parfois le viol conjugal et autres violences conjugales, physiques ou psychologiques. Fuyant les violences avant d’avoir obtenu une carte de séjour de longue durée, elles sont nombreuses aussi, à se retrouver sans papiers, sans droits, et sous la menace d’une expulsion, parfois dans un pays où on ne veut plus d’elle considérant que leur statut de femme divorcée ou séparée apporterait la « honte » sur leurs familles.

Pour obtenir le droit d’asile pour les premières ou le droit au séjour pour les secondes, les restrictions sur le droit d’asile, les réglementations de plus en plus dures contre l’immigration et la démagogie raciste et xénophobe à l’encontre des personnes immigrées, les obligent à multiplier les « preuves » des violences subies ou des menaces, comme si des documents administratifs mentionnaient des menaces de mariages forcés ou de crimes d’honneur, comme si les femmes étrangères mariées à des citoyens européens avaient subi les violences devant témoins…

Victimes à la fois des violences et de l’oppression sexistes et des législations xénophobes anti-immigrés des Etats européens, ces femmes sont soumises à une double violence inacceptable pour toute personne ayant un minimum d’humanité.

Aussi nous demandons tant aux différents chefs d’Etat, gouvernements et autres législateurs des pays européens qu’aux instances de l’Union Européenne, d’accorder un titre de séjour à toutes les femmes victimes de violences, que ces violences aient été subies dans le pays d’origine ou après leur arrivée en Europe.

Signer la pétition

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Une Réponse to “25 novembre : Journée internationale contre les violences faites aux femmes”

  1. […] Blog de la CGT ADDSEA […]

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