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Souffrance et suicide au travail

Posted by dsinterim sur avril 5, 2011

Quelques éléments sur la souffrance et le suicide au travail :

Selon une étude sur le suicide et l’activité professionnelle, notre secteur, celui de la santé et de l’action sociale présente le taux de mortalité par suicide le plus élevé (34,3/100 000). A noter aussi, que de façon générale, les ouvriers et employés se suicident trois fois plus que les cadres. (Voir l’étude.)

De nombreuses études, ces dernières années, ont étudié la souffrance au travail, les risques psycho-sociaux, et les questions de suicide au travail.

Quelques chiffres sur la souffrance au travail et les troubles psycho-sociaux :

– En France :

  • 73 % des salariés se disent « stressés » au travail et 20 % avouent faire du présentéisme (source : étude IFOP – août 2007)
  • 47 % des salariés déclarent éprouver souvent du stress au travail (source : CSA-Liaisons sociales)
  • Un tiers des salariés présente des difficultés psychologiques (source : IFAS)
  • 29 % des personnes interrogées estiment que la pénibilité du travail est plutôt physique et 70 % estiment qu’elle est davantage psychologique (source : étude IFOP – août 2007)
  • 1 salarié sur 6 estime être l’objet de comportements hostiles dans le cadre de son travail (source : ministère du travail)
  • En France, 5 % des personnes interrogées déclarent avoir été l’objet d’une intimidation ou d’un harcèlement moral dans leur milieu professionnel (source : INRS).

Selon les enquêtes SUMER 2003 et « conditions de travail » 2005 réalisées par le ministère chargé du travail :

  • 60 % des salariés interrogés estiment devoir fréquemment interrompre une tâche qu’ils sont en train de faire pour en commencer une autre
  • 48 % déclarent travailler dans l’urgence (devoir toujours ou souvent se dépêcher)
  • 53 % déclarent que leur rythme de travail est imposé par une demande à satisfaire immédiatement
  • 1 salarié sur 4 travaillant en contact avec du public subit des agressions verbales
  • 42 % déclarent vivre des situations de tension avec le public (parmi les 68 % des salariés en contact avec le public)
  • Le coût direct et indirect du stress peut être évalué entre 830 et 1 656 millions d’euros par an ce qui représente de 10 à 20 % du budget de la branche accidents du travail / maladies professionnelles de la sécurité sociale (source : étude réalisée en France par l’INRS).

Les troubles psychosociaux au travail sont aussi présents dans les pays européens.

  • Près de 20 % des salariés européens estiment que leur santé est affectée par des problèmes de stress au travail : le stress est l’un des principaux problèmes de santé au travail déclaré (source : enquête de la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de travail).

Le rapport de la Fondation de Dublin (mars 2005) présente une augmentation des problèmes de santé liés au stress au travail (étude menée dans 7 pays européens) :

  • 22,3 % souffrent de problèmes de santé liés au stress d’origine professionnelle (source : 4ème enquête de la Fondation de Dublin)
  • 35 % des travailleurs européens « estiment que leur travail comporte des risques pour leur santé et leur sécurité (source : 4ème enquête de la Fondation de Dublin)
  • En Europe, on estime que le stress serait à l’origine de 50 à 60 % de l’ensemble des journées de travail perdues
  • Le coût direct du stress est évalué à plus de 20 milliards d’euros par an en Europe (source : Agence européenne de sécurité et de santé au travail).
  • Un salarié sur six estime être l’objet de comportements hostiles dans le cadre de son travail
  • Contact avec le public : près d’un salarié sur quatre subit des agressions verbales

Une étude de novembre 2009, publié par LSA, sur les risques psycho-sociaux donnent les principaux risques dans le secteur de la distribution, mais chaque salarié(e) de notre secteur peut constater combien on les retrouve aussi dans notre branche :

  • Être en contact avec le public
  • Devoir répondre de façon immédiate à des sollicitations extérieures
  • Avoir des contacts tendus avec les clients, même de façon occasionnelle
  • Jongler entre plusieurs tâches
  • Être expose a des agressions verbales
  • Travailler au moins 20 samedis par an
  • Ne pas avoir de plage de repos de 48 heures consécutives
  • Être expose a des risques d’agression physique

En mars 2009, Les cahiers du DRH reviennent sur les suicides de salariés et notamment l’évolution de la jurisprudence qui « tend à devenir de plus en plus sévère vis-à-vis des employeurs dans les situations de suicide ».

Si la jurisprudence peut être utilisée après le drame, il est bien clair que le rôle des élu(e)s au CHSCT, DP, DS, militant(e)s et plus généralement salarié(e)s est avant tout de l’éviter.

Pour cela, en particulier en ce qui concerne le CHSCT, il est important d’alerter la direction lorsque l’on constate une situation de danger grave et imminent pour la santé des salarié(e)s, y compris dans ce cas, de leur santé psychologique.

Au niveau collectif, par exemple, un fort taux d’absentéisme pour maladie dans un service est souvent un signe de mal-être des salarié(e)s.

Une grille des risques psychosociaux, élaborée au Canada, donne de nombreux indicateurs pour évaluer ces risques et donc la souffrance au travail.

Notons quelques points considérés comme des risques psychosociaux élevés :

– Les perspectives de sécurité ou de promotion d’emploi sont très insatisfaisantes

  • Rationalisation des effectifs en cours
  • Mise à pied ou attrition forcée en cours ou à prévoir
  • Changement organisationnel (ex : nouvelle technologie, fusion, nouvelle direction) et/ou des procédés

– Absentéisme maladie et présentéisme élevés et à la hausse depuis 3 ans et aucun plan d’action

  • Plus de 50 % des causes d’absence (court et long terme) sont liées à des problèmes de santé psychologique
  • Présence de symptômes de fatigue intense, d’irritabilité, de pertes de concentration, de ralentissement du rythme de travail

– Aucune activité de prévention en santé au travail

  • Absence d’un comité paritaire de santé et de sécurité
  • Présence d’un comité non fonctionnel

– Aucune activité ou aucun programme contre la violence et le harcèlement psychologique

– Les activités de retour au travail se limitent à la gestion médicoadministrative des absences

  • Recours à des expertises médicales au-delà de celles du médecin traitant
  • Retour au travail à la même tâche et mêmes exigences de productivité
  • Stigmatisation ou représailles lors du retour au travail des personnes suite à un problème de santé psychologique

– Aucune activité de conciliation travail et vie personnelle au-delà de ce qui est prescrit par la loi

  • Horaires imprévisibles incluant les heures supplémentaires
  • Travail sur appel/disponibilité continue
  • Non possibilité d’être joint par téléphone au travail ou de faire des appels personnels

– Il y a constamment surcharge de travail

  • Plusieurs tâches effectuées ou temps nettement insuffisant, manque de préparation ou de compétences requises
  • Non remplacement des personnes qui quittent pour maladie ou retraite
  • Modification ou ajout des tâches sans vérification préalable des disponibilités ou de la charge

– Manque de respect et aucune activité de reconnaissance dans l’entreprise

  • Situations de favoritisme ou de discrimination en fonction, par exemple, du sexe, de l’âge, de l’ethnie, de la religion, de la classe sociale ou dans la distribution des tâches, le contrôle de la ponctualité, l’octroi de promotion, de vacances ou de formation

– Les supérieurs sont non accessibles et incapables de régler les problèmes ou de soutenir leurs employés et
présence de relations conflictuelles avec certains employés

  • Propos méprisants
  • Tolérance à la discrimination
  • Changement d’horaires sans préavis

– Absence d’esprit d’équipe et de collaboration et présence de relations conflictuelles entre collègues

  • Nombreuses incivilités (manque de respect, remarques et blagues désobligeantes fréquentes)
  • Compétition entre collègues
  • Instabilité des équipes

– Les employés ont des tâches répétitives ou n’ont aucune liberté de décider comment faire leur travail

  • Contrôle serré des façons de faire et des résultats à atteindre
  • Travail répétitif (à la chaîne ou production en série)

– Les employés ne sont pas informés du contexte de l’entreprise et de la vision de la direction

  • Rumeurs fréquentes et souvent contradictoires au sujet de l’entreprise
  • Aucune information sur les plans de restructuration, sur la situation économique ou sur les nouvelles politiques de gestion de l’entreprise

Au un niveau plus général, on peut lire avec intérêt un court texte de l’Association québécoise de suicidologie qui permet de briser des mythes qui entourent le suicide et peuvent donner des indices qui peuvent alerter.

Voir aussi :

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Une Réponse to “Souffrance et suicide au travail”

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