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De jeunes afghans « livrés à eux-mêmes »

Posted by dsinterim sur janvier 24, 2011

Un article sur la casse des politiques sociales et leurs conséquences publié par L’Humanité du 20 janvier 2011

Ils gèrent l’après-bulldozer et ça n’est pas tous les jours facile… Les salariés du centre d’accueil des mineurs isolés étrangers (CAMEI) de Vitry-sur-Orne en Moselle ont déposé un préavis de grève aujourd’hui pour protester contre une « protection au rabais » des jeunes afghans.

Le 22 septembre 2009, les bulldozers détruisaient la « jungle » de Calais. Séparés des adultes, une cinquantaine de mineurs étaient conduits, selon les autorités, dans « des foyers adaptés pour les accueillir immédiatement ». En juillet 2010, ils étaient rejoints par une trentaine d’autres mineurs après l’évacuation d’un campement au canal Saint Martin à Paris. Depuis, beaucoup de ces jeunes ont fugué et sur les trois centres prévus initialement, il n’en reste plus qu’un, celui de Moselle qui accueille vingt-sept mineurs isolés étrangers.

Ancien foyer désaffecté

En fait de centre « adapté », le CAMEI de Vitry est un ancien foyer de travailleurs migrants d’Adoma (ex-Sonacotra), pratiquement désaffecté avant novembre 2009. « Seuls les Chibanis (vieux travailleurs immigrés, NDLR) acceptaient encore d’occuper ces chambres de quatre mètre carré, explique Remy Fallempin, délégué syndical Sud. Ca a été une belle aubaine pour Adoma de remplir ce foyer vide ».

Aménagé à la va-vite pour les mineurs afghans, l’accueil dans ce centre « laisse beaucoup à désirer » dénoncent aujourd’hui ses salariés. Outre l’étroitesse des lieux, ils reprochent le mélange entre adultes et mineurs et un système de contrats précaires (CDD de trois mois) pour les travailleurs sociaux entraînant des changements constants de référents, « évidemment très préjudiciables au suivi des jeunes ».

Surveiller par des vigiles

Sans parler de la baisse brutale des effectifs : fin décembre, les contrats de six salariés n’ont pas été prolongés, ne restent donc plus que quatre travailleurs sociaux. « La nuit et le week-end, ce sont des vigiles d’une société privée qui surveillent les mineurs, raconte encore Remy Fallempin. Ils ont l’habitude de surveiller des murs, les mineurs sont livrés à eux-mêmes ! »

Pour protester contre le non-renouvellement de ces contrats et réclamer « des moyens nécessaires pour respecter les missions éducatives, protection de l’enfance et d’insertion» qui leur ont été confiées, les quatre travailleurs sociaux seront donc en grève aujourd’hui. Un rassemblement de soutien est également prévu devant la préfecture de Metz à 14h30.

Article paru dans l’Humanité du 20 janvier 2011

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