CGT ADDSEA

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Intervention lors de la réunion du 11 décembre

Posted by dsinterim sur décembre 12, 2008

Intervention faite au nom de la CGT lors de la réunion d’information organisée par le Comité d’Entreprise le 11 décembre 2008.

La CGT n’a pas signé l’accord sur l’aménagement du temps de travail, et la raison essentielle est que pour nous tout aménagement sans création de postes ne saurait être qu’un aménagement de l’actuelle pénurie de personnel. Or, à ce jour, les seules créations de postes prévues sont celles de surveillants de nuit dans les ITEP (8 postes et demi en tout), sans aucune garantie que cela ne se traduise pas, à terme, par des suppressions de postes éducatifs.

Les conséquences du manque de poste se voient tous les jours dans nos services et établissements, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur le stress, le mal-être et même la souffrance que subissent les salariés au travail… surtout quand on ajoute à cela des pressions constantes de la hiérarchie. Le CHSCT vient de se mettre en place et il faut lui souhaiter bon courage, car il a et aura énormément de travail.

Et non seulement nous n’avons rien concernant les créations de postes, mais aujourd’hui, nous devons faire face à des suppressions de postes et des collègues vivent dans la crainte d’un possible licenciement. Dans la situation qui est celle aujourd’hui de hausse du chômage et de la précarité, ces menaces et l’absence de réponse de la direction générale quant à l’avenir de plusieurs collègues est une terrible violence sociale. On pense, bien entendu, à la baisse drastique et à la quasi-suppression des budgets pour l’accueil d’urgence des réfugiés. Si, en septembre, on nous annonçait 6,5 suppressions de poste, le document fourni au CE du 12 novembre en prévoit 7,5, avec au DLHD comme à La Fayette des craintes de licenciement. Nous avons déjà abordé cette question, et ce que signifie cette baisse des budgets tant pour les salariés de l’ADDSEA que pour les demandeurs d’asile. En plus de la situation des CADA, d’autres budgets sont diminués, comme ceux qui concernent les CHRS, avec déjà une suppression de poste en annoncée au DLB, la baisse des financements PJJ, etc.

Si aujourd’hui, il n’existe pas un seul salarié dans ce pays qui ne vive dans cette crainte des licenciements et du chômage, si les baisses de budget touchent, au delà de l’ADDSEA, les autres structures du secteur médico-social, il apparaît que les financeurs, en particulier la DDASS, cherchent à nous faire payer le fait que nous nous soyons battus et ayons obtenu le versement du passif. Mais, ce n’est pas aux salariés de payer le fait que l’ancien DG, mandaté par le CA, ait refusé d’appliquer la loi sur les 35 heures, ni que ce refus ait été cautionné par tous les financeurs qui ont, du coup, réalisé de sérieuses économies. Même avec le versement du passif, d’ailleurs, des économies ont été faites sur notre dos, ne serait-ce que parce nous avons travaillé 39 heures payés 35 depuis l’an 2000 et n’avons touché les heures supplémentaires que sur les cinq dernières années.

Alors oui, en cette veille de l’année 2009, nous avons, nous les salariés, toutes les raisons d’être inquiets, mais surtout de rester mobilisés. Depuis des décennies, le monde du travail, dont font partie intégrante les salariés de l’ADDSEA, subit recul sur recul concernant les droits sociaux… et cela alors que les gouvernements parlaient de « reprise économique » et de « croissance ». Aujourd’hui qu’il est question de crise économique mondiale, c’est encore au monde du travail que l’on demande de payer, de payer pour une crise qui n’est pas la notre. Des milliards sont offerts aux banquiers et aux actionnaires, comme encore récemment aux patrons de l’automobile.

Par contre, pour tout ce qui est des services utiles à la population, comme les hôpitaux, la poste, ou les secteurs comme le notre, on ne parle que de baisse des budgets et d’économies. C’est cette logique-là que l’on trouve derrière les menaces de licenciement que nous vivons aujourd’hui. Et c’est à cette logique que nous devons faire face et nous mobiliser. Les luttes, et des luttes dures, ne sont pas derrière nous, mais devant nous. Des luttes que nous devrons bien sûr mener au sein de l’ADDSEA, mais aussi avec les salariés de toutes les branches d’activité, pour aller vers un coup de colère de l’ensemble du monde du travail pour refuser de payer leur crise.

Au delà des menaces de licenciements, parmi les questions qui concerne tous les salariés, de nombreuses attaques contre nos droits collectifs sont en cours. On peut citer la volonté de remettre en cause notre convention collective, avec, parmi les projets du patronat l’individualisation des salaire, c’est-à-dire, le salaire à la tête du salarié, la remise en cause des CT ainsi que des attaques contre le droit de grève.

Et enfin, même si le versement du passif a donné une bouffée d’oxygène à tous les salariés, nous faisons tous, tous les mois, le constat qu’avec les hausses des prix et les salaires qui stagnent, il devient de plus en plus difficile de joindre les deux bouts. Comment, en effet, tenir sans s’endetter, voir se sur-endetter, avec des salaires inférieurs à 1600 euros net ? Le SMIC a 1600 euros net, pas de salaires inférieurs à 1600 euros, c’est bien le minimum pour vivre décemment aujourd’hui.

Bien des salariés, tout à fait d’accord avec les revendications, se demandent si ces revendications sont réalistes. Il est clair que nous avons en face de nous tout une campagne pour dire que, parce que c’est la crise, nous devrions tous nous serrer la ceinture et nous unir, patrons et salariés, pour y faire face. Nous savons bien que derrière ces discours, c’est uniquement les salariés et les couches populaires qui doivent se serrer la ceinture. Prenons l’automobile par exemple, secteur particulièrement important dans notre région, la crise n’empêche pas Renault et PSA de faire respectivement 1,5 milliard et 730 millions de bénéfices rien que pour le premier semestre 2008. Et combien de milliards accumulés sur les dix dernières années ? Christian Streiff, PDG de Peugeot, s’est d’ailleurs offert une augmentation de 120% en 2008 et gagne 5.796 euros par jour !

Nous, les salariés, produisons toutes les richesses et assurons tous les services utiles à la population. A l’ADDSEA, ce sont nous les salariés qui faisons fonctionner les services et les établissements. Sans nous, rien ne tourne. Unis, nous représentons une force sociale considérable. Il y a un an, quasiment jour pour jour, nous nous sommes interrogés sur la possibilité d’obtenir le versement du passif et le départ de Lécuyer par exemple. Nous avons gagné sur ces deux revendications, parce que nous n’avons pas cédés, parce que nous nous sommes battus. Et de la même façon, nous allons devoir nous battre, en 2009, à la fois pour les revendications propres à la boîte, et pour celles qui concernent l’ensemble du monde du travail.

3 Réponses vers “Intervention lors de la réunion du 11 décembre”

  1. CGT ADDSEA said

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