CGT ADDSEA

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Pourquoi la CGT ne signera pas l’accord sur l’aménagement du temps de travail

Posted by dsinterim sur décembre 4, 2008

Pour la CGT, tout aménagement du temps de travail qui se ferait sans création de postes ne peut être qu’une gestion de l’actuelle pénurie de personnel. Comment en effet assurer une même qualité de service aux usagers avec une réduction de quatre heures hebdomadaires sans créations de postes ? Les 35 heures sans création de postes c’est ce que nous connaissons déjà depuis le 1er avril 2007, avec ce que cela signifie en hausse de la charge de travail, en suppression de doublures et/ou en baisse de la qualité des services. L’actuel projet d’accord sur l’aménagement du temps de travail est même en-deçà de l’accord non fini signé en février 2008 qui, au moins, reconnaissait la nécessité de créer des postes.

Aujourd’hui, les seules créations de postes clairement annoncées sont celles de surveillants de nuit dans les ITEP. L’accord sur l’aménagement du temps de travail entérine en effet l’objectif de généraliser les surveillants de nuit. Si pour la CGT il est logique que les heures passées à disposition de l’employeur pendant les nuits soient considérées comme du temps de travail effectif, les négociations centrales au siège comme les réunions DP/Direction dans les établissements confirment nos craintes que la généralisation des surveillants de nuit se traduisent, à terme, par des suppressions de postes éducatifs. Certes, on nous dit que la généralisation des surveillants de nuit se fera « en douceur », tout en nous indiquant, par exemple, que des départs en retraite d’éducateurs pourraient ne pas être remplacés… ce qui revient bien à des suppressions de postes éducatifs.

La revendication centrale reste pour nous celle de la création d’une quarantaine de postes. Notons que cette revendication n’est que le minimum pour compenser le passage de 39 à 35 heures. Or, non seulement nous sommes très loin du compte, mais alors que nous parlons de cet aménagement du temps de travail, 7,5 postes sont menacés de suppression dans les CADA et des collègues vivent dans la crainte d’être prochainement licenciés.

Et si l’accord n’offre aucune protection contre les licenciements, les articles 8-1.7 (pour les internats éducatifs) et 9-1.5 (pour les correspondants de nuit) sur la rémunération des salariés en annualisation sont particulièrement dangereux. En effet, un salarié licencié (sauf licenciement économique) peut voir son dernier salaire amputé des heures qu’il n’aurait pas faites ! Or, notre expérience à l’ADDSEA nous rappelle que bien des salariés ont subi des licenciements non-économiques, licenciements qui ont très souvent été reconnus comme licenciements abusifs par les prud’hommes.

Dans le cadre de la gestion de la pénurie de personnel, la généralisation des « horaires variables », dont le principe peut certes paraître alléchant sur le papier, sera, dans la pratique, un véritable piège pour les salariés. Prenons l’exemple de l’AEMO où les salariés subissent ces derniers temps une surcharge de travail. Avec les horaires variables, ce serait chaque salarié qui devrait réussir à réaliser son travail dans la limite de 70 ou 74 heures par quatorzaine. S’il n’y parvient pas et arrête de travailler au bout de la 74ème heure, il risque de se voir accuser de n’avoir pas, par exemple, fini un rapport dans les temps… mais s’il termine son travail en 75 ou 76 heures, la hiérarchie pourra lui dire qu’il n’a pas su s’organiser et ne pas comptabiliser les heures supplémentaires effectuées. On notera que cette généralisation des horaires variables touche même des services où ils ne répondent à aucune logique comme dans les CHRS (au Roseau par exemple les horaires sont actuellement similaires à ceux des internats éducatifs) ou les SESSAD des internats éducatifs.

Cette généralisation des horaires variables a pour conséquence de faire porter à chaque salarié la gestion de l’accroissement de la charge de travail et de la pénurie de personnel, et de faire par là disparaître un grand nombre d’heures supplémentaires (sur une base partielle et celle du décompte horaire contestable de la direction, on arrive à un volume de 4.500 heures supplémentaires à l’ADDSEA pour 2008). Bref, derrière l’apparente « liberté » des horaires variables, il s’agit en fait d’une intensification du travail, d’un accroissement de la flexibilité et des pressions de la hiérarchie.

Aussi la CGT ne signe pas l’accord sur l’aménagement du travail, mais appelle tous les salariés à rester mobilisés contre tout licenciement, pour la création des 40 postes nécessaires et plus généralement pour l’amélioration de nos conditions de vie et de travail.

CGT ADDSEA, 4 décembre 2008

2 Réponses vers “Pourquoi la CGT ne signera pas l’accord sur l’aménagement du temps de travail”

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